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  • Philippe Vallat

Le défi des penseurs indépendants

Les temps sont durs pour les systémiciens, pour les adeptes de la pensée complexe, les libres-penseurs et même les stoïciens.


Les temps sont durs pour celles et ceux, dont je suis, qui ne se contentent pas de raccourcis de la pensée. Qui exercent de la retenue avant de s'exprimer sur un thème.


Qui ne sont ni pour la droite ni pour la gauche.


Qui ne sont ni d'accord, ni pas d'accord.


Qui ne sont pas pour ou contre, "pro" ou "anti".


Qui ne se contentent pas d'étiquettes, ni pour les autres, ni pour eux-mêmes.


Qui distinguent la personne de ses arguments.


Qui revendiquent une hygiène de pensée, une honnêteté, une curiosité.


Qui préfèrent le doute à la certitude, le débat à la censure.


Qui choisissent le questionnement lent plutôt que la certitude hâtive.


Qui préfèrent comprendre plutôt qu'avoir raison.


Les temps sont durs, car on en deviendrait infréquentable, banni par la société.


Résister aux injonctions de groupe sur comment comprendre le monde est une activité à risque.


Ne posez pas l'hypothèse que la montée de l'"extrême-droite" pourrait être la conséquence des positions et comportements de l'"extrême centre-gauche". Croyez que c'est la faute à tik-tok.


Ne demandez pas le sens d'une conférence de paix unilatérale. Croyez que la paix, c'est la guerre.


Ne soulevez pas la question de l'éventuelle corruption de l'OMS. Croyez que la grippe aviaire a déjà tué au Mexique.


N'hésitez pas face à un produit "sûr et efficace" produit par de grandes entreprises déjà condamnées notamment pour charlatanisme. Ecoutez la "science".


Les temps sont durs, car vous serez moqués. D'abord "poliment", car vous êtes soit mal informé, soit peu intelligent. Ou vous exagérez. Et ensuite sera pratiqué à votre égard le complosophisme et son lot de lynchage public. D'autres vous éviteront, au point de ne plus même répondre à vos sollicitations; l'ignorance, l'évitement, le bannissement social.


Les temps sont durs, car il n'est plus possible de parler de tout, et surtout pas des grands enjeux de société. Ou alors que par le truchement d'opinions toutes faites.


Les temps sont durs non seulement pour les opinions minoritaires - même si elles sont vitales pour toute démocratie, pour toute entreprise - mais pour celles et ceux qui soutiennent la grande charge mentale, la grande incertitude stressante de ne pas savoir, de ne pas avoir de réponse, et de vouloir y réfléchir.


Les temps sont durs pour les sages et autres raisonnables.



Les temps sont durs, mais combien fructueux. Ils forcent à se dépasser. Ils forcent à sublimer la colère et la tristesse. Ils forcent à traverser ses peurs. Ils forcent à abandonner. Abandonner le passé, des croyances, des espoirs même. Ils forcent à découvrir ou développer le pardon et la gratitude. Le partage et la générosité.


Ils forcent à se réinventer, à regarder le monde avec des yeux neufs.


Ils forcent à se connecter à et à manifester "Plus Grand que soi".



Les temps sont durs, mais ô combien formateurs.

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